
Lors de la restauration d’un train arrière de Peugeot 206, il peut être très pratique de pouvoir maintenir le bras de suspension dans une position déterminée sans utiliser l’amortisseur d’origine.
Plutôt que d’acheter un outil spécifique, nous avons donc décidé de fabriquer un faux amortisseur réglable, principalement à partir de morceaux de tube acier disponibles à l’atelier.
L’impression 3D vient compléter l’outil avec des bagues interchangeables permettant d’adapter précisément les différents diamètres.
L’objectif était d’obtenir un outil simple, robuste, réglable et réutilisable.
- 1. Le principe de l’outil
Le principe est assez simple.
Le faux amortisseur vient prendre la place de l’amortisseur d’origine entre le bras de suspension et son point de fixation supérieur.
Sa longueur peut être ajustée puis bloquée. On peut ainsi placer le bras dans une position déterminée et effectuer tranquillement les mesures nécessaires lors du remontage ou du réglage du train arrière.
Contrairement à une simple tige filetée, nous avons choisi de fabriquer un système télescopique avec coulisseau.
Cela donne un outil plus rigide et surtout beaucoup plus agréable à utiliser.

- 2. Fabrication des deux parties métalliques
La fabrication commence avec du tube acier de récupération.
Chaque extrémité reçoit un morceau de tube transversal qui reproduit le principe des points de fixation de l’amortisseur.
Pour obtenir un assemblage propre avant soudure, l’extrémité du tube longitudinal est découpée en forme de gueule de loup.
Cette découpe permet au tube de venir épouser correctement le tube transversal.
Une fois les pièces correctement positionnées, elles sont soudées ensemble.
Le résultat donne deux demi-outils capables de coulisser l’un dans l’autre.




- Blocage du réglage
Pour pouvoir immobiliser l’outil à la longueur désirée, un écrou est soudé sur le tube extérieur.
Une vis vient ensuite appuyer sur le tube intérieur.
Il suffit donc de :
- monter le faux amortisseur sur le train ;
- régler sa longueur ;
- positionner le bras à la hauteur souhaitée ;
- serrer la vis de blocage.
Le faux amortisseur conserve alors cette longueur.



- 3. Sablage avant peinture
Une fois les opérations de découpe, perçage et soudure terminées, les différentes pièces ont été passées à la cabine de sablage.
Cette étape permet d’éliminer la rouille et les traces présentes sur l’acier tout en préparant correctement la surface avant peinture.
C’est aussi beaucoup plus agréable de terminer un outil maison avec une vraie finition plutôt que de laisser l’acier brut rouiller dans l’atelier.

- 4. Mise en peinture
Après nettoyage, les deux parties ont reçu une peinture rouge.
En plus de protéger l’acier contre la corrosion, cette couleur permet de repérer immédiatement l’outil parmi les autres outils de l’atelier.


À ce stade, la partie métallique du faux amortisseur est terminée.
Il reste cependant un problème : adapter proprement les diamètres des fixations.
C’est là que l’impression 3D devient particulièrement intéressante.
- 5. Fabrication des bagues à l’impression 3D
Plutôt que de fabriquer définitivement les extrémités métalliques pour un seul diamètre, nous avons volontairement conservé des logements relativement importants.
Des bagues amovibles imprimées en 3D viennent ensuite assurer le centrage.
C’est beaucoup plus polyvalent : si nous avons besoin ultérieurement d’un diamètre différent, il suffit de dessiner et d’imprimer une nouvelle paire de bagues.
Pour les premiers prototypes, nous avons utilisé du PLA+.
Les bagues ne servant ici qu’au centrage et à la prise de mesure, elles ne subissent pratiquement aucun effort. Il n’était donc finalement pas nécessaire de passer à de l’ABS ou du nylon.

- 6. Premier prototype et correction du diamètre
C’est justement l’un des avantages de l’impression 3D : une erreur de quelques dixièmes ne condamne pas la pièce.
Lors du premier essai, l’axe à recevoir mesurait Ø14 mm.
Le trou obtenu sur la première impression mesurait environ Ø13,7 mm et était donc trop serré.
Plutôt que de chercher un ajustement extrêmement précis, le modèle a été modifié avec un passage à Ø15 mm.
On obtient ainsi un petit jeu volontaire qui facilite considérablement le montage et le démontage de l’outil.
C’est également un bon rappel : les dimensions réellement obtenues en impression FDM peuvent légèrement différer des dimensions du modèle 3D.

- 7. Une deuxième bague pour un autre montage
L’intérêt d’avoir séparé l’outil métallique de ses adaptateurs apparaît immédiatement.
Une deuxième bague a ensuite été dessinée en conservant les diamètres principaux :
Ø extérieur : 27 mm
Ø de centrage : 22 mm
Perçage : Ø13 mm
Longueur : 20 mm
Quelques minutes de modification du modèle 3D suffisent donc pour adapter le même outil à une autre fixation.

- 8. Montage sur le train arrière de Peugeot 206
Une fois les deux bagues imprimées, elles sont simplement placées dans les tubes transversaux du faux amortisseur.
L’ensemble peut alors être monté directement sur le train arrière à la place de l’amortisseur.
Le résultat final correspond exactement à l’objectif de départ.
Le bras peut être placé dans la position souhaitée, puis la vis du coulisseau est serrée afin de verrouiller la longueur de l’outil.
On dispose ainsi d’une référence fixe pour effectuer les différentes mesures nécessaires pendant la restauration du train arrière.

- Matériel utilisé
Pour reproduire cet outil, il faut finalement assez peu de matériel : du tube acier, quelques vis et écrous, un poste à souder, une perceuse, une meuleuse et quelques outils classiques d’atelier.
L’imprimante 3D n’est pas indispensable au principe du faux amortisseur, mais elle apporte ici un énorme avantage : les bagues deviennent interchangeables et personnalisables.
Avec une seule partie métallique, nous pouvons donc créer autant d’adaptateurs que nécessaire.
- Ce que nous améliorerions
Cette fabrication est volontairement simple.
Après les premiers essais, le choix du système télescopique s’est révélé beaucoup plus intéressant qu’une longue tige filetée. Le réglage est rapide et, une fois la bonne longueur obtenue, une seule vis suffit à immobiliser l’ensemble.
Les bagues en PLA+ donnent également satisfaction pour cette utilisation.
Si elles devaient un jour reprendre des efforts mécaniques importants, il faudrait évidemment revoir leur conception et probablement utiliser une solution métallique ou un matériau d’impression plus approprié.
Ce faux amortisseur n’est pas destiné à remplacer un élément de suspension pour faire rouler le véhicule. Il s’agit uniquement d’un outil d’atelier utilisé véhicule immobilisé.
- Conclusion
Ce petit projet résume assez bien la philosophie RESTAUMECA : fabriquer l’outil dont nous avons besoin avec les moyens disponibles à l’atelier et utiliser l’impression 3D uniquement là où elle apporte un véritable avantage.
Le résultat est un faux amortisseur réglable simple à fabriquer, peu coûteux et surtout évolutif grâce aux bagues interchangeables.
Il va maintenant pouvoir nous accompagner dans la restauration des différents trains arrière de Peugeot 206 qui attendent leur tour à l’atelier.
Et puisque nous disposons maintenant du modèle 3D des bagues, de nouvelles dimensions pourront être ajoutées au fur et à mesure des besoins.


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